Les Prud'hommes ont reproché à la
députée UMP sarthoise d'avoir licencié son assistante parlementaire sans motif valable. L'histoire d'une confiance perdue.
5 000 € de dommages et intérêts pour licenciement abusif, 500 € de frais de justice, plus de 900 € pour le remboursement de congés payés et de frais de déplacement. En mars,
le conseil des Prud'hommes du Mans a condamné Béatrice Pavy, député UMP de la 3e circonscription de la Sarthe, à verser 6 439 € à Michèle Maurin, son ancienne assistante
parlementaire. L'épilogue judiciaire d'une amitié qui a dégénéré en bras de fer.
Au départ, la relation entre les deux femmes, pimpantes quadragénaires, s'appuie sur une estime réciproque. Embauchée pour les législatives de 2002, Michèle Maurin prend son rôle à coeur :
« Pendant la campagne, je travaillais plus de quinze heures par jour. Après, c'était minimum douze heures. On ne comptait pas, on avait la même façon de travailler, la même exigence. Ça a
été fusionnel. »
Pour preuve : fraîchement élue, la députée, également maire de Saint-Pierre-de-Chevillé et conseillère générale du canton de Château-du-Loir, donne carte blanche à son assistante. Qui
recrute une secrétaire, achète le matériel des permanences de La Flèche et Château-du-Loir, filtre tous les appels téléphoniques de sa « patronne », y compris lors des week-ends et des
vacances.
« Je m'occupais de ses enfants »
La complicité professionnelle s'étend vite à la vie privée. « Je m'occupais de ses enfants quand ils étaient malades, j'emmenais sa voiture au garage, je l'aidais à choisir ses vêtements. Béatrice me faisait entièrement confiance et j'avais à coeur de ne pas rompre cette confiance. Mais plus ça allait, plus elle m'en demandait », confie Michèle Maurin, qui avait droit à un petit mot et un cadeau à chacun de ses anniversaires.
Accusation d'écoutes téléphoniques
Au fil des ans et des dossiers, les relations se dégradent. Comme la santé de Michèle Maurin, qui finit par prendre un arrêt de travail. « Le plus court possible. » À son retour à
l'automne 2006, la tension monte. Béatrice Pavy vide son bureau, lui reproche d'avoir écouté ses conversations téléphoniques. Et lui notifie sa mise à pied.
Motif invoqué ? « Rupture du rapport de confiance », avance la députée. Accusation injustifiée, estime le tribunal : Béatrice Pavy ne fournit « aucun document de France
Télécom, ou autre opérateur » attestant d'une éventuelle écoute téléphonique. Pour le juge, le licenciement ne relève donc pas « d'une cause réelle et sérieuse ».
Jérôme Lourdais
Ouest-France / mardi 7 octobre 2008 [NDLR : Merci Laurent !]
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